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Le système de santé français, bon mais coûteux
- 190,5 milliards d’euros (soit 10,6 du PIB) pour la dépense nationale de santé en 20051
- 77 % de ces dépenses de santé sont prises en charge par l’assurance maladie.
- 12,8 % par les organismes complémentaires, 8,74 % par les ménages et 1,3 % par l’Etat et les collectivités territoriales, (pour la CMU et l'AME)
- Le médicament, dont l’augmentation a été de 5,7 % en valeur et 7,0 % en volume en 2004, est le secteur qui contribue le plus depuis 1997 à la croissance de la consommation en volume, suivi des soins ambulatoires et du secteur hospitalier.
- C'est dans les pays de l'Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) que les dépenses de santé par habitant sont les plus élevées.
- En 2004, la France se plaçait selon ce critère en 4ème position des pays de l’OCDE (contre la 5ème en 2003).
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Un système qui nécessite des réformes
Néanmoins, pour pérenniser ce système considéré par l'OMS comme l'un des meilleurs du monde, l’équilibre des comptes et l’amélioration de la qualité des soins doivent être assurés.
Des réformes importantes ont déjà été engagées depuis 2002 telles que les plans Cancer et Urgences 2007, et vont se poursuivre avec le Dossier Médical Personnel (DMP) pour pierre angulaire.
La France s’est engagée dans une modernisation de son système de santé pour :
- faire face aux évolutions démographiques : le nombre de personnes âgées de plus de 85 ans aura doublé dans dix ans.
- réduire ses dépenses, notamment le milliard et demi d'euros généré par 15% d’actes redondants.
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La hausse des coûts, un problème à l'échelle mondiale
Dans tous les pays de l'OCDE, les dépenses de santé publiques ont augmenté quasiment 2 fois plus vite que la croissance économique2.
Les Etats-Unis dépensent 22 % de plus que le Luxembourg, et 49 % de plus que la Suisse (deuxième et troisième pays après les Etats-Unis en terme de budget de santé) par habitant, et 2,4 fois plus en moyenne que les autres pays de l’OCDE dans le domaine de la santé. Toutefois, les Etats-Unis n’arrivent qu’à la 37ème position du classement des systèmes de santé les plus performants2, établi par l’Organisation mondiale de la santé.
En Chine, 39 % de la population rurale et 36 % de la population urbaine ne disposent pas des revenus suffisants leur permettant de bénéficier des services de santé professionnels en dépit des succès économiques du pays et des réformes sociales effectuées au cours des 25 dernières années2.
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1. La nature des maladies évolue |
« Le monde entier est touché par une véritable déferlante de maladies chroniques » -Docteur Ron Paulus, responsable de la division Technologie et innovation au centre de soins Geisinger. |
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Aujourd'hui, les maladies chroniques représentent 60 % des 58 millions des décès enregistrés chaque année dans le monde entier et constituent un énorme fardeau économique pour la société.4
Dans les pays développés, les personnes touchées par des maladies chroniques absorbent près de 75 % des ressources de santé. La prépondérance des maladies chroniques constitue un facteur important pour les pays en voie de développement. D'ici 2020, l'OMS estime que les maladies chroniques seront à l'origine des 2/3 des décès enregistrés en Inde. En Chine, la perte de revenus découlant des maladies cardiovasculaires, des accidents cérébrovasculaires et du diabète est estimée à 550 milliards de dollars.4
Parallèlement, les pays en voie de développement mènent une lutte sans merci contre les maladies infectieuses - pas seulement les maladies existantes, mais également les nouvelles formes de maladies comme la tuberculose multirésistante.
2. Un peu de démographie
Obésité
Actuellement, le nombre d'obèses dans le monde a dépassé celui des cachectiques. En 2005, le nombre d'obèses était estimé à 1 milliard. En 2015, ce chiffre devrait être porté à 1,5 milliard.6
Plus de 50 % des adultes sont aujourd'hui considérés comme obèses dans 10 des 30 pays que compte actuellement l'OCDE.
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Vieillissement Avant la première décennie du nouveau millénaire, les jeunes étaient toujours plus nombreux que les anciens. Or, aujourd'hui, la tendance s'est inversée. Vu que les anciens sont maintenant plus nombreux que les jeunes, il n'y pas assez de jeunes travailleurs pour cotiser et financer les retraites de la génération âgée. |
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3. De nouvelles technologies et nouveaux traitements médicaux
Le diagnostic moléculaire, la pharmacogénomique, la médecine régénératice et d'autres technologies tout aussi surprenantes ont bouleversé la manière de diagnostiquer, d'évaluer les risques et de traiter les maladies d'aujourd'hui. Ces avancées notables ne pourront être exploitées sans l'aide des technologies informatiques les plus avancées.
4. Consumérisme
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« Savez-vous qu'un individu lambda passe plus de temps à choisir un nouveau téléviseur qu'à choisir son médecin référent... Les choses commencent à changer. » - Dan Pelino (responsable de la division mondiale Santé et Sciences de la vie chez IBM) |
Maintenant, les patients commencent à se comporter comme des consommateurs. Ils demandent des informations, étudient d'autres options... En fait, ils prennent carrément le contrôle de leurs soins.
5. Mondialisation
Devant la concurrence grandissante que leur livrent les pays étrangers, les gouvernements n'ont pas d'autre issue que de déplacer leurs ressources - parfois à des milliers de kilomètres de leurs systèmes de soins habituels. Les soins qui étaient hier dispensés au niveau local ou régional sont aujourd'hui dispensés au niveau national, voire mondial. |
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Les citoyens danois gèrent leurs soins en ligne
En 2001, le Danemark a lancé Sundhed, un portail de santé public destiné aux patients (www.sundhed.dk). Il a été créé dans le but d'impliquer davantage les patients vis-à-vis de leurs soins, d'améliorer leur qualité de vie et de diminuer le coût global des soins.
Le portail propose de nombreuses fonctionnalités, notamment la planification automatique des rendez-vous et la possibilité d'interagir en ligne avec les prestataires de soins. Les patients peuvent accéder à leurs dossiers médicaux, notamment consulter les détails de leurs séjours hospitaliers remontant à 1977 !
Sur le portail, les prestataires et les patients peuvent également suivre l'évolution des maladies chroniques comme le diabète. Cette fonctionnalité garantit la cohérence des soins dispensés sur l'ensemble des réseaux de santé complexes d'aujourd'hui.
Aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, le système de santé se lance dans le détail
Les consommateurs sont de plus en plus nombreux à se tourner vers des méthodes non conventionnelles, comme le marché des soins au détail - où les soins et les médicaments sont distribués par des pharmacies au détail, des épiceries et des marchands grand public.
En 2006, le service de santé national britannique a proposé de rendre les soins médicaux plus accessibles en confiant à la communauté certains soins alors dispensés en milieu hospitalier. Par exemple, les enseignes Boots et Tesco mettent en place des cliniques qui proposent des services de diagnostic, voire des services chirurgicaux. Rien qu'en soulageant les hôpitaux de 5 % de leurs services, la Grande-Bretagne pourrait économiser 4,7 milliards de dollars par an.7
Aux Etats-Unis, l'émergence du marché des soins au détail est principalement motivée par le coût et l'accessibilité. Coordonnées par les médecins, les cliniques de détail emploient des infirmiers ou des auxiliaires médicaux. Elles diagnostiquent et traitent un nombre limité de maladies parmi les plus courantes, comme les pharyngites. Puisque les cliniciens ont un salaire plus modeste et que les frais généraux sont plutôt faibles, les cliniques de détail peuvent facturer le coût de leurs services à 45 dollars en moyenne, soit deux fois moins qu'une visite chez un généraliste et presque cinq fois moins qu'un passage aux urgences.8
Par ailleurs, la normalisation des directives cliniques et la présence de nombreuses technologies simplifient énormément les consultations - de l'ordre de 15 minutes en général - tout en s'efforçant de maintenir, voire d'améliorer la qualité des soins grâce à une baisse de la variation.9
Les Etats-Unis comptent déjà de nombreuses cliniques de détail, notamment Interfit Health, MinuteClinic et Take Care Health Systems.
Et si vous vous rendiez chez le docteur... en avion ?
Devant le nouveau phénomène appelé tourisme médical, où les patients n'hésitent plus à quitter leur pays pour bénéficier de soins médicaux, chirurgicaux ou encore dentaires, le marché de la prestation des soins commence à subir une énorme pression de la part de la concurrence mondiale.
L'Inde attire près de 150 000 patients étrangers chaque année10 contre 375 000 à Singapour.11
Chaque année, l'hôpital thaïlandais Bumrungrad s'occupe de 350 000 patients provenant de 150 pays différents.12 Mais l'Asie ne constitue pas la seule destination privilégiée de nos touristes médicaux.
En Europe, le marché du tourisme médical est estimé aujourd'hui à 1 milliard d'euros (soit 1,3 milliard de dollars).13
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Le système de santé en 2015 : L'avenir vu par IBM
Nous sommes intimement persuadés que le futur du système de santé peut être bien plus positif s'il s'allie de nouvelles sphères de responsabilité, de décisions courageuses et d'une collaboration fructueuse entre les différents protagonistes.
Notre approche accentue les points suivants :
- Prestataires de soins: ils doivent étendre leurs activités de soins de courte durée épisodiques à une prise en charge améliorée des maladies chroniques et à la prévention continue des maladies.
- Consommateurs: ils doivent prendre en charge eux-mêmes leur santé et s'efforcer d'exploiter au maximum la valeur de leur système de santé.
- Organismes payeurs et régimes de santé: ils doivent aider les clients à rester en bonne santé, à exploiter pleinement le système et à aider les différents organismes à proposer des soins de meilleure qualité.
- Fournisseurs: ils doivent collaborer avec les organismes de santé, les médecins cliniciens et les patients pour fabriquer des produits qui permettent d'améliorer les résultats des traitements tout en abaissant les coûts.
- Société: elle doit prendre des décisions rationnelles et réalistes à l'égard des attentes du mode de vie, des comportements acceptables et de la proportion dans laquelle le marché des soins doit être un droit social et un service purement commercial.
- Gouvernements: ils doivent assurer la direction nécessaire pour éliminer les obstacles, favoriser l'innovation et guider leurs nations vers des solutions durables.
Si les différents protagonistes parviennent à travailler main dans la main pour transformer le système, le système de santé ne constituera plus un fardeau obligation mais un véritable atout national. Les citoyens pourront mener des vies plus saines, mais également plus productives. Les pays seront mieux armés sur le marché mondial émergeant des soins.
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1. Employee Benefit Research Institute (EBRI Notes, novembre 2006)
1. Comptes nationaux de la Santé 2005 (1 http://www.sante.gouv.fr/drees/etude-resultat/er505/er505.pdf) et Comptes Nationaux de la Santé 2004, Documents de travail de la DREES, Répertoire ADEL?, INSEE
2. Edition 2005 du rapport sur les statistiques et les indicateurs de 30 pays (publication de l'OCDE, Paris, 2005)
3. Analyse journalière "Over one-third of Chinese population priced out of medical treatment" réalisée par Gustav Ando (World Markets Research Centre, 23 novembre 2004)
4. Rapport "Preventing chronic disease: a vital investment" (OMS, Genève, 2005)
5. Rapport "The power of prevention: reducing the health and economic burden of chronic disease" rédigé par les centres de contrôle et de prévention des maladies américains (Department of Health and Human Services, Atlanta, 2003)
6. DVD "Rx for survival - a global health challenge" réalisé par Beckham, Mike et Richard Dale (WGBH/NOVA Science Unit and Vulcan Productions, Inc., 2005)
7. Article "Private firms to supply GP services in deprived areas" rédigé par Andrew Grice (The Independent, 30 janvier 2006)
8,9. Analyse réalisée par IBM Global Business Services et IBM Institute for Business Value
10. Article "India's healthy appeal: modern (and cheap) services promoted" rédigé par Amelia Gentleman et mis en ligne depuis le 1er septembre 2006 à l'adresse http://www.iht.com/articles/2006/08/30/yourmoney/med.php (International Herald Tribune, 30 août 2006)
11. Informations diverses mises en ligne depuis le 1er juin 2006 à l'adresse http://app.singaporemedicine.com/asp/new/new0201b.asp?id=1 (Singapore Medicine)
12. Bulletin d’information de Bumrumgrad Hospital. http://www.bumrungrad.com (mis en ligne depuis le 1er juin 2006)
13. Article "Medical tourism keeps hospital budgets healthy" rédigé par Hugh Williamson (Financial Times, 1er Mars 2006)
15. Singapore Medicine. General news. http://app.singaporemedicine.com/asp/new/new0201b.asp?id=1 (accessed 1 June 2006).
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